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La lutte pour les droits des non humains

The Nonhuman Rights Project affirme que certains animaux devraient avoir le statut de personne légale mais les tribunaux de New York ne sont pas d’accord. Dans le monde des droits, qu’est-ce qui sépare les personnes des biens? Español, English

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Dans ses Institutes, le juriste romain Gaius écrit : « Tout le droit que nous utilisons se rapporte soit aux personnes, soit aux biens, soit aux actions ». Si celui-ci a connu des évolutions, c’est toujours la manière dont la common law et le droit civil divisent le monde : la classification repose fondamentalement sur la différence entre les personnes et les biens.

Je vois ce clivage comme un mur juridique épais. D’un côté se trouvent les biens. Leur valeur est instrumentale. Ils sont les esclaves des personnes et n’ont pas la capacité juridique d’exercer leurs droits. D’un autre côté se trouvent les personnes. Leur valeur est intrinsèque et elles ont la capacité juridique d’exercer un nombre infini de droits. Les personnes sont les maîtres des biens.

Aujourd’hui, tous les animaux non humains sont des biens, et tous les humains sont des personnes. Mais une « personne » n’est pas, et ne l’a jamais été, synonyme « d’humain ». Pendant des siècles, un grand nombre d’humains (les esclaves, les femmes et les enfants) avait le statut de bien à toutes les fins ou à certaines d’entre elles. Au cours des siècles, la plupart des luttes pour les droits civiques se sont attachées à briser cette barrière pour faire passer ces humains des ténèbres du monde des « biens » à la lumière du statut de personne.