En début d’année, le Sénégal a été plongé dans émeutes et des manifestations parmi les plus violentes depuis des décennies. À Dakar, la capitale, et dans tout le pays, des milliers de personnes, principalement des hommes, sont descendus dans la rue, brûlant des voitures et des magasins et lançant des pierres aux forces de l’ordre. La police a répondu par la force et on estime qu’au moins dix personnes sont mortes.
Ce ne sont pas les réformes économiques ou les nouvelles mesures contre la pandémie qui ont incité au désordre, mais l’arrestation d’un homme puissant accusé de viol. Bien que les manifestations violentes aient fait sensation dans le monde entier, les médias sénégalais ont été fascinés par quelqu’un d’autre: la femme à l’origine de l’accusation de viol.
En février, une employée d’un salon de massage s’est rendue à la police et a accusé Ousmane Sonko, un populaire homme politique de l’opposition, de l’avoir violée et menacée de mort. Il a ensuite été arrêté en mars – ce qui a déclenché les violentes manifestations – et elle est devenue la cible de harcèlement. (Sonko est actuellement en liberté, sous contrôle judiciaire).