Quand Israël est critiqué pour ses politiques qui vont à l’encontre des droits en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, le refrain le plus souvent entonné par les politiciens locaux concerne l’inadéquation de la hasbara du gouvernement (la machine de propagande israélienne). En d’autres termes, le problème n’est pas ce qu’Israël fait réellement aux palestiniens, mais plutôt l’incapacité à faire passer un message positif auprès de la communauté internationale. On appelle généralement cela « le repositionnement en terme d'image d'Israël ». L’hypothèse repose ici sur le fait que le produit est bon et que seul l’emballage a besoin d’être remplacé.
L’argumentaire récent de Rachel Krys repose sur une logique similaire bien qu’il porte sur une problématique différente. Cette dernière nous dit que la plupart des gens au Royaume-Uni ne soutiennent pas les droits de l’homme, tout en avançant que c’est en raison du fait que les droits de l’homme sont présentés d’une manière qui est déconnectée de la vie quotidienne des gens. Elle affirme que si le public entendait moins de « discours négatifs » sur les droits de l’homme et plus « d’histoires sur les personnes âgées contestant les mauvais traitements, les décisions intrusives ou le non respect de leur vie privée et familiale », le soutien en faveur des droits de l’homme serait bien plus grand. Une fois encore, le problème avec les droits de l’homme est un problème de perception et la hasbara est là aussi la solution.
Le lien entre représentation et réalité est cependant bien plus complexe. Il concerne les droits de l’homme eux-mêmes : la manière dont ils ont été institutionnalisés, les projets politiques qu’ils servent, leurs liens complexes avec les États, et le discours alternatif de justice qu’ils négligent et réfutent.