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Dans le domaine des droits humains, l’opinion majoritaire ne compte pas forcément

Si les sondages d’opinion ne ciblent pas le public pertinent, ces derniers vont désinformer notre mouvement militant. Une contribution au débat d’openGlobalRights sur l’opinion publique et les droits de l’homme. English, Español, العربية

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Si la majorité des gens souhaitaient toujours faire ce qui est juste, les démocraties n’auraient pas à se soucier des droits humains. Mais parce qu’on ne peut pas faire aveuglément confiance à la majorité, le but des droits humains est, au moins en partie, d’empêcher la majorité de commettre des excès.

Cela ne veut pas dire que les organisations de défense des droits humains peuvent être indifférentes à l’opinion publique. Dénoncer, le principal outil des mouvements de défense des droits humains, ne fonctionne pas si les fautes commises par les gouvernements sont, une fois rendues publiques, approuvées plutôt que condamnées. Le mouvement des droits humains doit donc veiller à façonner et entretenir une opinion publique favorable. C’est vrai même dans les dictatures, qui ne peuvent jamais dépendre uniquement de la contrainte pour rester au pouvoir. Qui peut contester l’idée, avancée par d'autres auteurs sur openGlobalRights, selon laquelle le fait de savoir ce que pense l’opinion des sujets de préoccupation est préférable pour les organisations de défense des droits humains ?

Mais cette idée simple peut également induire en erreur. Le public pertinent auprès duquel dénoncer un gouvernement n’est généralement pas l’ensemble du public, mais plutôt un sous-ensemble de la population. À moins d’analyser ce sous-groupe spécifique, un sondage peut détourner l’attention des faits et des arguments les plus importants.