Nous constatons une sorte de mentalité de crise au sein de la société civile internationale. Un exemple frappant a vu le jour dans les mois précédant la semaine internationale de la société civile en 2014 : CIVICUS et un certain nombre d’ONG signèrent une lettre suggérant que la « vision » des droits de l’homme incarnée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies « est en piteux état » et que les mouvements informels commencent à remettre profondément en cause les ONG plus établies.
Certains experts du développement affirment que les ONG se sont trop éloignées des gens qu’elles sont censées représenter. Les ONG transnationales sont particulièrement critiquées pour ce qui est de leur obligation de rendre des comptes. De plus, des recherches suggèrent que la faiblesse du lien entre les ONG, les populations locales et leur source de financement entraîne des résultats encore pires, en particulier pour ce qui est de l’impact négatif de l’aide au développement. Comme le remarque un expert, Fernande Raine, « toute organisation qui dépend d’un nombre restreint de donateurs et qui n’a pas de large soutien citoyen risque de perdre le contact avec les personnes qu’elle essaye de servir. »
Cette crise peut-elle se transformer en opportunité pour la société civile ? Quelles solutions existent pour aider les ONG à devenir, par exemple, plus solides et efficaces ? À une époque marquée par le mécontentement des organisations de la société civile, et alors que les gouvernements essayent de plus en plus de fermer les ONG, une réponse possible est de doubler la mise sur les données portant sur ce que les citoyens pensent et connaissent dans le domaine droits de l’homme ainsi que sur leur expérience. Les données sur l’opinion publique peuvent être utilisées pour aider à reformuler les programmes et améliorer les liens des ONG avec les populations qu’elles sont censées servir.