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La lutte entre le centre et les extrêmes

L’idée d’un « centre » suppose que les droits de l’homme transcendent les frontières. Mais est-ce vraiment le cas ? Une contribution au débat de openGlobalRights sur « l'internationalisation des organisations de défense des droits de l'homme : pourquoi, comment et à quel prix ? » English, Español,

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Le meilleur des mondes possibles pour la défense des droits de l’homme consiste vraisemblablement en un mouvement mondial unique avec des objectifs communs. Ce mouvement idéal partagerait une logique économique interne où les besoins (et non pas les préférences liées à la collecte de fonds ou aux donateurs) établissent les priorités et dirigent les flux monétaires. La voie prise par le mouvement résulterait de délibérations démocratiques. Nous pourrions affirmer que la réalité ou la possibilité d’un mouvement international des droits de l'homme unique est une croyance fondamentale pour de nombreux grands défenseurs des droits de l’homme, que tout le monde dans les « droits de l’homme » est dans le même bateau, dans la même équipe et uni par « les valeurs et la cause que nous défendons ensemble. »

Les médias sociaux internationaux et la technologie mobile semblent donner aux militants transnationaux les outils nécessaires à cette mission, promettant une efficacité accrue en terme de communication et d’action et supprimant les frontières nationales. Nous avons aujourd’hui une multitude de boomerangs et de réseaux virtuels où l’information est largement partagée et les pressions liées aux campagnes viennent de sources internes et externes à l’État. Ce type d’effet lasso se resserre autour des gouvernements réticents, un pas en avant bienvenu quant à l’amélioration de la situation en matière de droits de l’homme.

Une telle « convergence vers le centre » offre de nombreuses possibilités, comme d’autres personnes l’ont reconnu dans ce débat, mais elle présente également des problèmes évidents. Certains viennent de l’intérieur du mouvement mondial des droits de l’homme, en particulier concernant le financement et la définition des priorités. Cependant, ces explications supposent encore que la frontière elle-même, la distinction entre ce qui est interne et externe à l’État, peut être dépassée, et l’État apprivoisé. Les droits de l’homme concernent, après tout, l’absence de pertinence morale de cette frontière quand il s’agit des droits fondamentaux d’une personne.