Depuis les élections qui se sont déroulées au début du mois de mai, les discussions sur les droits de l’homme ont occupé le devant de la scène au Royaume-Uni. Les conservateurs, qui détiennent aujourd’hui la majorité parlementaire, espèrent abroger la loi de 1998 sur les droits de l’homme qui donne aux citoyens la possibilité de saisir les tribunaux britanniques sur des affaires liées aux droits de l’homme, et de faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et la Cour européenne des droits de l’homme. Pour leur part, les partisans des droits de l’homme se mobilisent pour contrer ce message.
Les enquêtes montrent cependant que les idées favorables aux droits de l’homme ne passent pas auprès du grand public. Pour passer à la vitesse supérieure, les défenseurs doivent investir quantitativement et qualitativement dans les enquêtes et utiliser les résultats pour redéfinir leur travail. Utiliser les enquêtes d’opinion publiques afin de communiquer efficacement avec les personnes qui font preuve de scepticisme à l’encontre des droits de l’homme est un défi de taille mais qui doit être relevé.
Une analyse du discours sur les droits de l’homme par Counterpoint, the Public Interest Research Center (PIRC) et mon organisation, Equally Ours, montre qu’au Royaume-Uni, le discours des médias associe généralement les droits de l’homme aux populations « peu méritantes » et aux opinions anti-européennes. Les médias présentent les droits de l’homme comme nuisibles, plutôt que comme favorables, aux libertés traditionnelles, et comme des protections purement juridiques, plutôt que comme un moyen d’autonomiser les citoyens.