Chaque jour, année après année, dans des endroits comme Standing Rock, Ferguson, Alep et Hong Kong, des dizaines de milliers de personnes luttent pour les droits humains au péril de leurs conditions de vie, et voire même de leur vie. Ils sont mal payés, ou bien pas du tout, et les risques sont souvent élevés. Par conséquent toutes les personnes impliquées se voient demander de faire collectivement preuve d’abnégation. La solidarité entre collègues, ainsi qu’avec la cause défendue, permet de tisser un lien social fort ensemble. La cohérence entre les paroles et les actes est essentielle pour développer une relation de confiance et de loyauté mutuelle.
Face à ces impératifs est-il raisonnable de s’attendre aux mêmes normes de conduite de la part des bailleurs de fonds, des conseillers et autres intermédiaires qui soutiennent à distance ces luttes qui leur confèrent visibilité et légitimité ?
Cette question ancienne est présente en arrière-plan dans les conversations entre militants et donateurs, bien que rarement formulée directement car elle peut être gênante et entrainer un retour de flamme. Mais elle éclate occasionnellement au grand jour, donnant l’opportunité de reconsidérer l’éthique du financement en faveur du changement social. Nous assistons actuellement à un de ces « moments riches d’enseignements » avec Darren Walker, le bienveillant et respecté président de la Fondation Ford.