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L’internationalisation : les enseignements tirés du mouvement des femmes

Le débat sur l’internationalisation peut tirer un grand nombre d’enseignements des mouvements des femmes lorsqu’il s’agit d’ouvrir des espaces et de créer des opportunités pour les sans-voix. Une contribution au débat d’openGlobalRights sur l'internationalisation des organisations de défense des d

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Dans le débat actuel sur l’internationalisation des organisations de défense des droits de l’homme, la manière la plus efficace de s’internationaliser et les acteurs qui profitent (ou non) de cette évolution sont des sujets qui ont été largement abordés. Les intervenants ont discuté de la professionnalisation de l'aide humanitaire, de la concurrence pour les financements dans les pays du Nord et du Sud ainsi que de la décentralisation des organisations internationales de défense des droits de l’homme. Cependant, ces discours, comme beaucoup d’autres dans le domaine des droits de l’homme, ignorent ou omettent souvent les réalités concernant la construction et l’organisation des mouvements des femmes.

Les femmes africaines ont été particulièrement laissées de côté, leur voix et leur expérience ayant été effacées de l’histoire en dépit de leur implication active dans tous les combats contre le colonialisme et en faveur de la libération, ainsi que dans les luttes contemporaines contre les conflits et la pauvreté. Ces femmes sont souvent décrites comme des victimes passives des violations des droits de l’homme sans aucune capacité propre de résistance, plutôt que comme des personnes qui relèvent les défis de manière créative tout en faisant évoluer et en façonnant les pratiques et les discours. Malheureusement, les institutions des pays du Nord, y compris les organisations de défense des droits de l’homme et les médias, ont grandement contribué à cette perception que le monde a des femmes en Afrique.

Les mouvements des femmes africaines et leurs processus

Les mouvements des femmes et les militantes ont pratiqué l’internationalisme via la construction de mouvements mondiaux et de coalitions transnationales depuis très longtemps. Pendant des décennies, les femmes africaines ont remis en question les idéologies culturelles et religieuses ainsi que les politiques néolibérales qui continuent de les appauvrir et de les marginaliser. En même temps, elles sont les premières à souffrir de la montée du fondamentalisme religieux et culturel de leur propre gouvernement et de leurs communautés. Ces facteurs ont amené les  femmes à travailler ensemble, que ce soit au niveau local, régional ou international, afin de construire des mouvements en dépit de leur position dans la société. Ces processus remontent aux Conférences mondiales sur les femmes qui ont commencé en 1975 et rassemblé des femmes de différentes régions du monde et de divers horizons pour faire progresser les droits de la femme.