Au cours de la dernière décennie, la protection dans les crises humanitaires s’est fortement développée. Cependant, comme l’a fait remarquer une étude récente, l’évaluation de la protection et des activités n’a pas été abordée de manière adéquate dans les débats sur l’évaluation de l’action humanitaire. Bien que nous sachions que l’évaluation est importante, nous ne nous sommes toujours pas clairement accordés sur ce qui constitue le succès et sur la manière de le mesurer. Cependant, notre capacité à évaluer le succès (ou l’absence de succès) aura clairement un impact sur la manière dont nous procédons lors de futures crises.
La protection à base communautaire en RDC
Le programme de protection d’Oxfam en République démocratique du Congo (RDC) s’est certainement heurté à un certain nombre de défis dans l’évaluation de son efficacité et de ses progrès. Depuis 2009, Oxfam a apporté son soutien aux Comités de protection communautaires (« comités ») en RDC pour identifier les menaces pesant sur la protection, allant du travail forcé, des taxes et des barrages routiers illégaux, au mariage précoce et à d’autres formes de violence sexistes. Une fois ces menaces identifiées, les comités se rapprochent des autorités civiles et militaires locales pour prendre des mesures visant à répondre aux menaces, en instaurant un dialogue sur des bases positives et en menant des actions de sensibilisation au niveau local ainsi que des actions de plaidoyer.
Déterminer de manière réaliste les changements poursuivis par un programme est vital pour l’évaluation, en particulier pour les approches de gestion axée sur les résultats. L’évaluation de ce travail présente un certain nombre de pièges. Déterminer de manière réaliste les changements poursuivis par un programme est vital pour l’évaluation, en particulier pour les approches de gestion axée sur les résultats. Cependant, en RDC, le succès prend souvent la forme du compromis. Pour les comités, cela se traduit par la négociation de la suppression de certains (mais pas de tous) barrages routiers illégaux qui taxent les personnes souhaitant passer, ou par des accords avec les chefs locaux les autorisant à ne prendre les produits des fermiers qu’une fois par semaine. En dépit de leur impact important sur la vie des populations, par exemple en faisant en sorte qu’il soit rentable ou non d’aller au marché, il peut être difficile de communiquer sur ce type de compromis. De plus, ces compromis sont sujets aux jugements de valeur de l’évaluateur. Qui décide de ce à quoi ressemble le succès ?