Pour certains, la corruption peut sembler être un crime qui ne fait aucune victime. Mais pour une grande partie des gens, en particulier dans les pays en développement, la corruption se traduit par la pauvreté, la maladie, l’injustice, l’inégalité, l’oppression, l’instabilité et bien trop souvent, la guerre.
L’économiste Jeffrey Sachs nous a également rappelé récemment que la corruption n’est pas un phénomène qui se produit « ailleurs » : « Le Royaume-Uni et les États-Unis sont au cœur des violations commises à l’échelle mondiale… des centaines de milliers d’avocats, de banquiers, de gestionnaires de fonds spéculatifs, de politiciens, de comptables et de régulateurs ont délibérément élaboré un système de paradis fiscaux internationaux par et pour les riches et qui abritent aujourd’hui plus de 20 trillions de dollars (nous parlons bien de trillions) de fonds qui échappent aux autorités fiscales, judiciaires et réglementaires ainsi qu’à l’obligation de rendre des comptes ».
La corruption est toujours au cœur d’un grand nombre des problèmes les plus graves qui pèsent sur la scène internationale. En dépit de l’ampleur du problème, le mouvement mondial de lutte contre la corruption n’a pas vraiment pris forme avant 1993 avec l’établissement de deux nouvelles ONG : Transparency International et ma propre organisation, Global Witness. Depuis lors, nous avons acquis une meilleure compréhension de l’impact de la corruption, les gouvernements et les organisations internationales intensifient leur action pour la combattre, et un nombre plus important d’organisations travaillent sur cette problématique… Mais la corruption est toujours au cœur d’un grand nombre des problèmes les plus graves qui pèsent sur la scène internationale.