Lors d’une rencontre avec des membres des forces de l’ordre le 8 février dernier, le président Donald Trump a déclaré que « même un mauvais élève de lycée » pouvait comprendre le langage et la finalité de son décret 3769 ayant suspendu l’entrée de tous les réfugiés aux États-Unis pendant 120 jours, bloqué les réfugiés syriens de façon indéfinie, et interdit l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans pendant 90 jours. Un jour plus tard, la cour fédérale d’appel du neuvième circuit s’est prononcée différemment et a refusé de rétablir le décret dans un avis soigneusement argumenté. Alors que le sort final du « Muslim ban » n’est toujours pas scellé, il semble clairement peu probable que la présidence Trump laisse le souvenir d’une administration ayant vigoureusement défendu les droits humains. Ceci dit, elle a déjà donné lieu à de fortes manifestations de résistance qui pourraient remettre les droits humains au cœur du débat américain. Pourquoi utiliser le terme remettre ?
Le rôle joué par les États-Unis dans le développement des droits humains internationaux s’est en fait réduit de manière significative bien avant l’apparition de Donald Trump sur la scène politique.
Le rôle joué par les États-Unis dans le développement des droits humains internationaux s’est en fait réduit de manière significative bien avant l’apparition de Donald Trump sur la scène politique. Au-delà des tortures dont s’est rendue coupable l’administration Bush suite aux attentats du 11 septembre, la réticence des pouvoirs publics américains à s’impliquer dans les droits humains internationaux s’inscrit dans une longue tradition. Depuis les années 1950, les États-Unis se sont montrés peu enclins à adopter les normes et les traités internationaux relatifs aux droits humains. Le sénat américain n’a ratifié la Convention sur le génocide qu’en 1988, soit 40 ans après son adoption par les Nations Unies. En 2017, les États-Unis restent le seul pays au monde à ne pas avoir signé la Convention relative aux droits de l’enfant, et font partie d’un petit nombre de pays, sept au total, n’ayant pas ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Ils ne font également pas partie de la Cour pénale internationale chargée de poursuivre les personnes accusées de génocide, de crime de guerre et de crime contre l’humanité. De plus, les États-Unis n’ont été que le 22ème pays à légaliser le mariage homosexuel.