50.50: Opinion

Haïti a besoin d’un féminisme inclusif qui défend toutes les femmes, y compris les femmes trans

Une grande partie du mouvement féministe en Haïti pense que le pays, déchiré par la crise, n’est pas prêt pour cette conversation – mais cela fera de nous toutes de meilleures féministes

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Fedorah Pierre Louis Naike Ledan
23 September 2021, 4.58pm
Les personnes trans en Haïti demandent le respect et la sécurité dans une récente campagne lancée par Transgenre Haïti

Le féminisme doit être inclusif. Mais en Haïti, où nous vivons, ce n’est souvent pas le cas. Les femmes trans haïtiennes, en particulier, font face quotidiennement à de multiples menaces de la part de la société patriarcale haïtienne, nous explique Lulu, militante et porte-parole de Kay Trans, un refuge pour personnes trans à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti.

Les groupes de femmes en Haïti se mobilisent pour affronter les systèmes patriarcaux, organiser des mouvements féministes dans le pays et lutter pour le changement. Il est cependant triste de constater que certaines voix sont exclues ou parfois même réduites au silence de manière haineuse ou honteuse, les empêchant de revendiquer leurs droits et de participer à ces mouvements et à la société.

« Les ONG trans n’ont jamais été invités à une activité [féministe] formelle. Les services et les informations sur la VBG [violence basée sur le genre] qui sont offerts n’ont aucune définition, vocabulaire ou intérêt clair pour les femmes comme moi », nous a déclaré Semi, une militante trans de la ville de Petit-Goâve dans le sud d’Haïti.

Les personnes trans, a-t-elle ajouté, « font face à des circonstances abominables pour survivre. Il nous est difficile d’avoir accès aux services de santé, tandis que l’accès aux hormones ou au soutien psychosocial est un luxe [...] et il n’y a pas de plateformes pour faire entendre notre voix ou travailler à l’amélioration des systèmes en place. »

Une partie importante du mouvement féministe en Haïti pense que le pays n’est pas prêt pour cette conversation – qu’il y a trop d’autres problèmes à traiter, et que ce n’est pas le moment d’inclure les voix trans dans les débats. Le sujet est trop complexe, trop difficile à traiter, trop sensible pour en parler.

Mais cela suggère que les femmes trans doivent cesser d’exister et cesser d’être elles-mêmes dans leur lutte pour l’espace, la dignité, le respect et la protection. C’est inacceptable. Le féminisme est une question d’égalité – pour toutes et tous.

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Crise et lutte

Haïti a fait la une à travers le monde à cause de la crise politique et économique qu’elle traverse présentement – l’une de ses pires depuis 1986, lorsque les dictatures père et fils de François et Jean-Claude Duvalier ont pris fin après 29 ans passés au pouvoir.

Cette crise aggrave la vulnérabilité de communautés déjà marginalisées. Le harcèlement sexuel et la violence sexiste sont criminalisés, mais restent encore trop communs.

De plus, les personnes LGBT bénéficient de peu de protection juridique. Elles et ils subissent une discrimination considérable et les mouvements anti-LGBT sont plus actifs et plus vocaux que jamais. Les politiciens ont également essayé d’adopter de nouveaux projets de loi anti-LGBT (jusqu’à présent sans succès).

Changer cela sera difficile, mais nous devons lutter pour une véritable égalité, incluant la diversité : du sexe, de la sexualité, du genre, des réalités économiques, de la couleur et de la race.

Nous devons remettre en question l’idée que les identités trans et autres identités de genre sont moins légitimes que leurs homologues cis.

Nous devons être intentionnellement inclusives et inclusifs pour faire en sorte que chaque personne soit respectée et que justice soit rendue lorsque ses droits sont violés.

Choisir de ne pas le faire trahit l’essence du féminisme, un mouvement qui se définit par sa défense radicale de l’égalité des droits humains. Et nous devons accorder une attention particulière aux femmes qui risquent le plus d’être victimes de discrimination, d’être battues, violées, assassinées et ignorées par les systèmes patriarcaux.

Une approche inclusive du féminisme – qui défend les femmes trans – fait de nous toutes de meilleures féministes.

Empower and protect, don’t prohibit: a better approach to child work

Bans on child labour don’t work because they ignore why children work in the first place. That is why the International Year for the Elimination of Child Labour will fail.

If we truly care about working children, we need to start trying to keep them safe in work rather than insisting that they end work entirely. Our panelists, all advocates for child workers, offer us a new way forward.

Join us for this free live event at 5pm UK time on Thursday 28 October.

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