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Des groupes violents aggravent la répression des gouvernements à l’égard de la société civile

Les responsables de l’intensification de la répression à l’encontre de la société civile ne sont pas seulement les gouvernements, mais aussi les groupes armés non étatiques, les éléments criminels et les extrémistes violents. Une contribution au débat d’openGlobalRights sur un espace de plus en pl

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Les universitaires, les donateurs, les journalistes et les dirigeants politiques prêtent une plus grande attention aux efforts croissants des gouvernements visant à réprimer les organisations de la société civile (OSC) et à restreindre l’espace dans lequel elles opèrent. L’ONG Freedom House a, par exemple, recensé les efforts entrepris pour saper les libertés politiques et civiles dans un nombre grandissant de pays, causant un déclin mondial des libertés au cours de ces dix dernières années. Cependant, dans cette lutte  pour un environnement favorable à la société civile, les gouvernements ne sont pas les seuls coupables. Les groupes armés non étatiques, les réseaux criminels et les groupes extrémistes violents sont responsables d’un nombre alarmant d’attaques contre les acteurs de la société civile (tels que les défenseurs des droits humains, les blogueurs et les journalistes, les écologistes, les syndicalistes et même les organisations fournissant des services sociaux) qui prônent des valeurs et des politiques que ces groupes rejettent. Toutefois, plutôt que d’utiliser des lois, des réglementations, des limites sur les financements étrangers et des exigences complexes en matière d’immatriculation et de déclarations (les tactiques préférées de la plupart des gouvernements) ces groupes armés ont souvent recours à la force brutale contre la société civile. Par conséquent, dans de nombreux pays les OSC sont  prises en étau entre, d’un côté, la réglementation et l’ingérence des pouvoirs publics, et de l’autre, la répression violente des groupes armés avec en jeu la liberté d’association, de réunion et d’expression.

À ce jour, la communauté internationale s’est essentiellement concentrée sur les efforts des pouvoirs publics visant à utiliser la législation et d’autres restrictions juridiques sur les OSC pour limiter leur champ d’action. Le Centre international pour le droit des organisations à but non lucratif (The International Center for Not-for-Profit Law) surveille par exemple les barrières juridiques entravant la liberté d’association dans 50 pays et huit organisations multilatérales. Alors pourquoi la réflexion sur la fermeture de l’espace devrait-elle être élargie pour prendre en compte les violences perpétrées contre les OSC par les groupes armés ? Tout d’abord, les gouvernements ont l’obligation d’enquêter sur les violations et de faire en sorte que des comptes soient rendus, en vertu du droit international des droits humains et du droit humanitaire, quelle que soit l’affiliation des coupables. Ils sont également invités à protéger le champ d’action des organisations de la société civile. La menace omniprésente des groupes armés, des éléments criminels et des extrémistes violents concerne non seulement la sécurité des populations civiles mais également la stabilité et la sécurité des États.

Les exemples tragiques de ce phénomène sont très nombreux. En Libye, les défenseurs des droits humains et d’autres membres de la société civile ont été tués, enlevés, torturés et forcés à la clandestinité. Leurs maisons ont été perquisitionnées et leurs bureaux contraints de fermer. Ils ont reçu des menaces de mort et ont fait l’objet d’autres formes d’intimidation de la part de divers groupes armés. En février 2015, l'assassinat d’Intissar al-Hassairi, qui était particulièrement critique envers les milices libyennes et qui défendait ardemment une armée et une police nationale fortes, a choqué la société civile libyenne car c’était la première fois qu’une femme renommée, militante issue de la société civile, était prise pour cible à Tripoli. Malheureusement, comme dans de nombreux autres pays confrontés au non-droit et à l'impunité, les femmes militantes en Libye sont les plus exposées aux représailles, au harcèlement et à la violence des groupes militants qui veulent qu’elles se retirent de la vie publique et arrêtent de défendre les droits humains.