Alors que de nombreux pays adoptent un nombre croissant de traités internationaux sur les droits humains et les transposent dans leur droit, les défenseurs des droits humains, au cours de ces dernières décennies, ont commencé à surveiller ces normes et à s’opposer aux gouvernements, aux entreprises, et à certains des systèmes les plus profondément établis. Mais la nature conflictuelle de ce type de travail ne peut se faire sans heurts et le prix à payer peut être élevé, notamment sur le plan personnel.
Suite à ce qu’ils ont connu ou constaté, vont jusqu’à se suicider et perdent leur vie en luttant pour la justice, l’égalité et contre la discrimination.
En qualité de défenseur des droits humains travaillant dans un domaine fortement controversé en Afrique (le mouvement LGBT), j’ai connu et constaté directement les effets du stress chronique et des traumatismes dans le domaine des droits humains. Par exemple, mes collègues sont nombreux à avoir connu la dépression, le stress et la peur lorsque les tabloïdes publient des articles sur eux et sur leur travail. De nombreux autres défenseurs des droits humains présentent des signes multiples de traumatismes, directs ou indirects, tels que l’insomnie, la toxicomanie, la paranoïa, le repli sur soi et l’hypervigilance, qui sont tous des symptômes courants de l’état de stress post-traumatique (ESPT). Certains défenseurs des droits humains, suite à ce qu’ils ont connu ou constaté, vont jusqu’à se suicider et perdent leur vie en luttant pour la justice, l’égalité et contre la discrimination. On parle rarement de la santé mentale des défenseurs des droits humains qui sont, comme d’autres professionnels (p.ex. les infirmiers, les policiers, les ambulanciers) en proie aux traumatismes. Cependant, l'Organisation mondiale de la santé suggère que mieux sensibiliser sur la santé mentale pourrait améliorer l’accès aux soins et les résultats dans leur ensemble.