Le 20 février 2011, des milliers de marocains descendirent dans les rues de Rabat, Casablanca, et Tanger, et demandèrent un changement intégral de la constitution du pays. Les manifestations furent orchestrées par l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), une organisation basée à Rabat et fondée en 1979 par des militants laïcs de gauche et d’anciens prisonniers politiques.
Les dirigeants de l’AMDH avaient commencé à élaborer des stratégies pour un changement politique dès que le printemps arabe commença en Tunisie, deux mois plus tôt. Ils créèrent une page Facebook, un nouveau site web, et une vidéo YouTube appelant les marocains à se mobiliser massivement le 20 février. En réponse, plus de manifestants descendirent dans les rues que ce que le pays n'avait vu depuis les grands conflits sociaux des années 1980.
Le succès initial de l’AMDH est surprenant. D’après les sondages d'opinion sur les droits de l'homme, basés sur un échantillon représentatif de 1 100 adultes vivant à Rabat, Casablanca, et dans les zones rurales environnantes, les organisations marocaines de défense des droits ont une assise populaire limitée. Bien que le public accorde un certain niveau de confiance aux organisations locales de défense des droits de l’homme (OLDDH), elles n’ont que peu de contact avec ces organisations.