Ce mois-ci marque une décennie depuis l’adoption unanime de la résolution 1612 du Conseil de sécurité de l'ONU qui établit un mécanisme de surveillance et de communication de l'information (MRM) afin de collecter des informations précises, actuelles et objectives sur six violations graves commises à l'encontre des enfants dans les conflits armés. Au cours de ces dernières années des signes indiquent cependant que les intérêts politiques des États puissants menacent de plus en plus l’intégrité de ce mécanisme. Les parties au conflit, qui devraient être surveillées, désignées et tenues responsables des violations flagrantes commises contre les enfants, sont épargnées.
À contrario, la vigilance sur des situations qui devraient être surveillées est levée prématurément. À un moment où un nombre croissant de conflits complexes dans le monde pose de nouveaux défis à la protection de l’enfance, ce dixième anniversaire représente une opportunité importante de revenir sur ce qui a été accompli et identifier les obstacles.
Le MRM est formellement déclenché dans une situation de conflit quand une ou plusieurs parties à ce conflit sont ajoutées à la « liste de la honte » dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés. Dans le passé, seules les parties qui recrutaient et utilisaient les enfants étaient incluses dans les annexes. Depuis 2009, d’autres violations graves peuvent « déclencher » le fait d’être ajouté à cette liste : les meurtres et les mutilations, les violences sexuelles, les attaques dirigées contre des écoles ou des hôpitaux, et les enlèvements d’enfants.